

Vendredi 12 juin, Bernac-Dessus avait rendez-vous avec son histoire.
Devant une assemblée attentive et nombreuse, M. Duturc est venu présenter le résultat de son enquête qui lui a fait remonter le temps sur des événements datant de la seconde Guerre Mondiale. A partir d’un objet, de bribes de souvenirs et à l’aide des archives départementales, il a décidé de retracer la vie d’une famille juive cachée au village par son grand-père en 1942. Cet instituteur de la commune de Vielle Adour possédait un moulin à Bernac-Dessus qui avait l’avantage d’être en retrait de la route, en bordure d’un bois, ce qui permettait d’échapper aux regards et aux recherches. Grâce au hasard des rencontres, de témoins de l’époque à la mémoire solide, il a mis au jour le parcours de la famille Zombeck qui a vécu dans ce moulin et dont les enfants ont fréquenté l’école. Les descendants de ces réfugiés qui habitent aujourd’hui Bruxelles, avaient fait le déplacement pour reconstituer l’histoire familiale.
Cette soirée, illustrée par des panneaux sur la Résistance dans le 65 prêtés par le Musée de la résistance et de la déportation de Tarbes a été riche en émotions et a permis de lever le voile sur un pan méconnu de notre histoire locale. Elle a aussi mis en lumière la discrétion d’un maire et de l’ensemble des habitants de son village. En effet, cette famille ne fut pas la seule, au moins une autre a bénéficié de la même solidarité.
Ce grand-père, c’est Jean Rousse, aujourd’hui proposé pour être honoré du titre de « Juste parmi les Nations », qui n’a pas hésité à héberger des « étrangers » même au prix de sa sécurité, prouvant ainsi que la fraternité n’est pas un simple mot sur une devise nationale, elle passe par des actes forts et désintéressés.
